Two riders leaning into a bend against a deep blue sky

Culture

L'art de la descente

Tout le monde parle de la montée. Personne ne parle de la descente : le moment où l'on cesse de lutter contre la montagne pour commencer à danser avec elle.

Tout le monde parle de la montée. La pente, les watts, la souffrance, le temps. La descente a droit à une ligne dans le récit de la sortie : « et puis on est redescendus ».

C'est dommage. Car la descente, c'est là où le vélo cesse d'être un combat pour devenir quelque chose de plus proche d'une danse.

Regardez là où vous voulez aller

La première chose que vous dira quiconque descend bien est la plus simple et la plus difficile : regardez là où vous voulez aller, pas là où vous avez peur d'aller. Pas les gravillons sur le bord. Pas la glissière. La sortie du virage.

Votre vélo suit vos yeux. On dirait une affiche de motivation. C'est en réalité de la physique, et beaucoup de sang-froid.

Les yeux sur la sortie. Le vélo suit. (1/2)Les yeux sur la sortie. Le vélo suit. (2/2)
Les yeux sur la sortie. Le vélo suit.

Pied extérieur en bas

Pied extérieur en bas, en appui sur la pédale. Genou intérieur ouvert. Mains en bas du cintre, doigts légers sur les leviers. Freinez avant le virage, pas dedans. Laissez le vélo se pencher — il ne demande que ça — et laissez-le se redresser à la sortie.

Quand ça marche, on le sent tout de suite. La route cesse d'être quelque chose à quoi il faut survivre et devient une ligne que l'on dessine.

Monter, c'est savoir combien on peut encaisser. Descendre, c'est savoir combien on peut lâcher prise.

La vitesse passe mal en photo. Elle file, elle bave. C'est un peu le but.
La vitesse passe mal en photo. Elle file, elle bave. C'est un peu le but.

Pourquoi la coupe compte ici

À cinquante kilomètres à l'heure, un maillot ample est un drapeau. Il claque, il vous tire les épaules, il se gonfle comme un petit parachute et fait un bruit qu'on entend par-dessus le vent. Sur une route de montagne rapide, la dernière chose dont on a besoin, c'est d'une distraction.

C'est pourquoi notre coupe compétition est près du corps : une silhouette qui n'ajoute pas de traînée et ne bouge pas quand vous bougez, avec des coutures plates qui ne marquent pas quand on se replie. Dans la descente, on veut oublier qu'on porte quoi que ce soit.

Respectez la montagne

Une dernière chose. La montagne ne pardonne aucune erreur. En descente, la trajectoire la plus rapide est celle que l'on maîtrise encore. Gardez de la marge. Connaissez la route. Rentrez à la maison.

Puis remontez, et recommencez.

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